Échec de la transition » : l’Accord de Montana exige une rupture avant février 2026
À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition, les signataires de l’Accord de Montana reviennent à la charge avec une proposition de reconfiguration complète du cadre de la transition politique en Haïti.
Dans un document rendu public le 21 décembre 2025, ces acteurs politiques et de la société civile dressent un constat sans concession de la gouvernance actuelle. Ils estiment que la transition en cours n’a pas permis d’enrayer la crise multidimensionnelle que traverse le pays, notamment la détérioration de la sécurité et l’élargissement du contrôle territorial des groupes armés.
Les signataires critiquent la concentration du pouvoir exécutif et dénoncent un fonctionnement jugé contraire aux principes constitutionnels de 1987. Ils soulignent également l’absence de mécanismes de reddition de comptes efficaces et pointent l’influence déterminante de partenaires internationaux dans des décisions considérées comme relevant de la souveraineté nationale.
Face à cette situation, l’Accord de Montana propose une nouvelle architecture de transition, fondée sur la démission des autorités actuelles et l’instauration d’un dispositif institutionnel plus collégial. Le schéma envisagé repose sur la création d’une Conférence des Parties Prenantes, appelée à jouer un rôle central dans la désignation, l’encadrement et l’évaluation des autorités de transition.
Le projet prévoit la mise en place d’un Conseil Présidentiel de trois membres, chargé de l’exécutif, ainsi que la nomination d’un Premier ministre en concertation avec cette Conférence. Un Organe de Contrôle de la Transition, composé de représentants des forces signataires, serait institué afin d’assurer la surveillance de l’action gouvernementale et de proposer, le cas échéant, des ajustements.
Les modalités de formation du gouvernement, de nomination des hauts responsables judiciaires et les conditions de remaniement ministériel sont strictement encadrées, dans un souci affiché de stabilité et de limitation des dérives de pouvoir.
Cette proposition s’inscrit dans un contexte de recomposition des rapports de force politiques, alors que l’échéance constitutionnelle approche sans consensus clair sur la suite du processus. Elle traduit la volonté d’une partie de l’opposition et de la société civile de reprendre l’initiative politique et d’imposer un modèle de transition fondé sur la collégialité, la surveillance institutionnelle et une plus grande autonomie décisionnelle.
Reste à savoir si cette feuille de route parviendra à rallier un soutien suffisant, tant au niveau national qu’international, pour s’imposer comme une alternative crédible à l’actuel dispositif de transition.






