Massacre à Jean-Denis : le Front Résistance Haïti met en cause des diplomates étrangers et le pouvoir en place
Port-au-Prince, avril 2026 — Le Front Résistance Haïti a vivement réagi à la suite du massacre survenu dans la localité de Jean-Denis, dans la vallée de l’Artibonite, en pointant du doigt à la fois les autorités haïtiennes et certains représentants de la communauté internationale accrédités en Haïti.
Dans une note rendue publique et signée par Ralph Bertilus et Winder Bernard, l’organisation dénonce le rôle du chargé d’affaires américain, Henry T. Wooster, ainsi que celui de l’ambassadeur du Canada, André François Giroux, de l’ambassadeur de France, Antoine Michon, et du représentant du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti. Le mouvement les accuse d’ingérence dans les affaires internes du pays et de soutenir, selon ses termes, une gouvernance qu’il qualifie d’« anticonstitutionnelle ».
Le Front Résistance Haïti critique également le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse d’être lié à plusieurs massacres, notamment durant son passage à la tête du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN). L’organisation estime que ce dernier ne dispose pas de la légitimité nécessaire pour organiser des élections et l’accuse de s’entourer de personnalités controversées, certaines étant visées par des sanctions internationales liées à la résolution 2653.
Concernant le drame de Jean-Denis, le mouvement affirme que la responsabilité ne saurait incomber uniquement au gouvernement en place. Il soutient que certains acteurs internationaux contribueraient également à l’aggravation de la crise sécuritaire, en défendant des intérêts étrangers au détriment de la population haïtienne.
Par ailleurs, le Front Résistance Haïti évoque ce qu’il considère comme des violations de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Il cite notamment des pressions présumées exercées sur le Conseil présidentiel de transition (CPT), un soutien affiché au chef du gouvernement, ainsi que des actions jugées intimidantes, dont la présence de navires militaires américains au large des côtes haïtiennes lors des événements du 7 février.
L’organisation mentionne également une note officielle de l’ambassade américaine saluant la passation de pouvoir entre le CPT et le Premier ministre, y voyant une prise de position partisane.
Dans ce contexte, le Front Résistance Haïti exige le départ immédiat des diplomates concernés et appelle leurs gouvernements respectifs à diligenter des enquêtes sur leur gestion en Haïti. Il réclame également justice et réparation pour les victimes des violences répétées dans le pays.
Enfin, le mouvement souligne que des mobilisations citoyennes, notamment de jeunes, se poursuivent devant certaines représentations diplomatiques afin de dénoncer ces pratiques et d’exiger des changements profonds dans la gestion de la crise haïtienne.



